Que devient Clémence de L’As du lycée ?
Que devient Clémence de L’As du lycée ?
On la voyait dans la cour avec Joe, Fanny, Pascal. On la reconnaissait tout de suite. Aujourd’hui, sur les photos de groupe, les commentaires disent : « C’est elle ? » Oui. C’est elle.
Laure Guiré. Azoumi Laure Guiree. Née le 19 octobre 1972 à Diapaga, au Burkina. Pour toute une génération d’Afrique francophone, elle n’a qu’un prénom : Clémence. L’As du lycée, Missa Hébié, Faso Films, 2008. Quarante épisodes. TV5. On la regardait après l’école, le soir, en famille. Joe faisait le malin. Fanny tenait Ismaël. Clémence était là, dans la cour, dans les couloirs, dans la mémoire.
Elle n’était pas « juste une élève »
Avant le lycée de fiction, Laure avait déjà une autre vie. Maîtrise en économie agricole à Ouagadougou. Licence pro en projets culturels. Elle entre dans le spectacle en 1996. Le bonnet de Modibo. Taxi brousse. Commissariat de Tampy — oui, le même univers que Poupette. Cellule 512. Julie et Roméo. Elle n’a jamais été une actrice d’un seul rôle. L’As du lycée l’a juste rendue impossible à oublier.
Ce que les gens commentent maintenant
Dès qu’une photo de la troupe ressort, le fil est le même. « Et Clémence ? » « Je ne la reconnais plus. » « Si elle a pu changer comme ça, moi aussi. » Le public fait ça avec Joe aussi : l’accident, le visage, le choc. Avec Clémence, ce n’est pas un drame officiel. C’est le temps. Le corps. L’écart entre la fille du lycée et la femme de plus de cinquante ans. Ça suffit à faire ouvrir l’article.
Ce qu’elle est devenue, pour de vrai
Elle n’a pas disparu. Elle a pris les syndicats. Présidente de l’Association burkinabè des comédiens et comédiennes du cinéma. Association Wéléni. Compagnie Nactar. Elle forme, elle défend les cachets, elle tient le milieu quand les caméras s’éteignent. Sotigui de la meilleure interprétation féminine burkinabè en 2017. Oscar du théâtre Burkina Mousso. Chevalier de l’ordre du cinéma, des arts, des lettres et de la communication.
Pendant que Joe reste le nom qui fait 180 000 vues chez toi, Clémence est devenue celle qui organise les autres. Moins de tapis rouge. Plus de réunions. C’est moins sexy qu’un accident. C’est plus vrai.
Pourquoi on la cherche encore
Parce que L’As du lycée n’était pas une série ivoirienne, même si Abidjan l’a avalée comme si c’était la sienne. C’était Ouagadougou. Gounghin. Un collège huppé, un fils de gardien, des ados trop sûrs d’eux. Clémence faisait partie du décor qu’on croyait éternel. Vingt ans plus tard, le décor a vieilli. Le public, non : il veut encore le même visage.
Elle a un autre prénom maintenant, pour ceux qui travaillent avec elle : Laure. Pour le dimanche soir de 2008, elle restera Clémence.


Toi tu l’as reconnue tout de suite, ou t’as dû zoomer ?